« La petite fille sur la banquise » d’Adélaïde Bon, d’une certaine glaciation de l’être…

La petite fille sur la banquise
Adélaïde Bon
Récit
Grasset

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 «  J’ai neuf ans. Un dimanche de mai, je rentre seule de la fête de l’école, un monsieur me suit. Un jour blanc.
Après, la confusion.
Année après année, avancer dans la nuit.

Quand on n’a pas les mots, on se tait, on s’enferme, on s’éteint, alors les mots, je les ai cherchés. Longtemps. Et de mots en mots, je me suis mise à écrire. Je suis partie du dimanche de mai et j’ai traversé mon passé, j’ai confronté les faits, et phrase après phrase, j’ai épuisé la violence à force de la nommer, de la délimiter, de la donner à voir et à comprendre.

Page après page, je suis revenue à la vie.  »

 Attention coup de cœur, coup de poing !

Le corps d’une  fillette, outragé, par le corps intrus, d’un pervers récidiviste.

Là, où il est entré, elle se ferme. Pour longtemps. Trop longtemps.

Adélaïde se tait quand tout son corps hurle à la mort. La mort et ses milles visages.

Pourtant, elle se bat Adélaïde, elle se dé bat, même, pour rattraper la vie. Mais la vie s’échappe, glisse, et la laisse KO. La voilà seule, encore,  avec son corps verrouillé, que rien ne pénètre. Même pas les pluies de larmes de son cœur.

Adélaïde est muette et aveugle. C’est dans le noir, qu’elle tâtonne, se cogne, tombe, se relève, et se perd. Le noir de sa mémoire. Une nuit froide, glacée et glaçante, qu’un jour enfin, un faible rayon de lumière éclairera.

Enfin, les mots supplanteront les maux. Enfin, la justice. Enfin, un frémissement de la joie simple d’être en vie.

Suivre Adélaïde dans son parcours de combattante, de petite fille à femme adulte, est éprouvant, dérangeant, révoltant. Mais absolument nécessaire.

A lire, donc.

Téri Trisolini

« Devenir celle que je suis » de Delphine Philbert ou quand être est en devenir…

« Devenir celle que je suis », un titre en écho au fameux « On ne naît pas femme, on le devient » de Simone de Beauvoir.

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Devenir celle que je suis, devenir celle que je suis, devenir la femme que je suis… Soudain, cette phrase simple, qui sonne comme une sentence, tourne en boucle dans ma tête…

Je me plonge alors dans la lecture d’un récit poignant, rageant et rageur, qui bouleverse par sa sincérité et anime par sa douleur.

Delphine est née Didier mais Didier ne le sait pas. Ou plutôt Didier ne le veut pas. Les années passent, et chez Didier rien ne dépasse.
Marié, deux enfants, un métier qui l’adore… Vu de l’extérieur, tout va bien… En apparences. Car à l’intérieur, Didier se fissure et se brise. Vivre ou survivre, il faut faire un choix. Sa vie vole en éclats.

Didier est mort. Vive Delphine ! Mais, on en est pas encore là.

Divorce, séparation d’avec ses enfants, famille en lambeaux, des larmes, des désespoirs, le trou noir…

Tout recommencer, renaître… Naître… N’être que soi.

« Devenir celle que je suis » est le parcours d’une femme née dans le corps d’un autre sexe. Il en faut de la force et de la persévérance pour le comprendre, l’accepter et ensuite se battre, pour (re)trouver son harmonie et son intégrité.

Delphine Philbert est une héroïne, une battante, une guerrière… Delphine Philbert est une femme !

Je suis née fille avec un corps de fille, un sexe de fille et hétérosexuelle. Aucune ambiguïté à ce sujet. Mais pour « devenir la femme que je suis », il en a fallu du temps, des épreuves et des larmes aussi. En ça, Nous sommes sœurs Delphine et moi.

A une différence près, car ma chance, c’est d’être dans la norme. Delphine et tout autre personne appelée « trans » (terme générique, la réalité est bien plus complexe), non. Anormale, au point de demander des expertises médicales et psychiatriques humiliantes avant que l’Etat, consente à accorder ou non, l’identité conforme au genre.

Ainsi, pendant des mois, Delphine restera Didier aux yeux de l’administration ou toute autre institution ou autorité en droit de lui réclamer sa carte d’identité non modifiée, et ça, ça énerve !

Qu’importe votre apparence, votre avancée dans votre transition et surtout, qu’importe qui vous êtes en votre fort intérieur, la loi c’est la loi. Vous êtes une femme dans un corps d’homme, ou un homme dans un corps de femme, prouvez-le !

Oui, ça aussi, ça me met en colère !

Et encore, réjouissons-nous de vivre en France, car il faut rappeler que dans une grande partie du monde, les personnes « trans » sont non seulement humiliées, mais battues, violées, emprisonnées, assassinées…

Avec « Devenir celle que je suis », Delphine Philbert raconte bien plus que sa transition d’un sexe à l’autre. Elle nous invite à partager sa vérité, en tant que femme, révélée, lucide et lumineuse, et la réalité douloureuse de la condition de « Trans », aujourd’hui, en France.

Pour tout ça, Madame Philbert, merci.

Lulu

« Devenir celle que je suis… » de Delphine Philbert.
Ed. Max Milo

voilà, c’est fait !

1950's

Des jours d’hésitation. Un trac de gamine. Impressionnée par des possibles imaginaires. Nerveuse quoi !

Alors, après des jours de lecture intensive – car oui, je suis book-addict- je me suis dit : « Bon, allez ma cocotte ! A toi de jouer ! Rien à perdre, tout à gagner ! Go !  »

Alors, voilà, c’est fait !

Après des manipulations fébriles, j’ai mis mon roman, en ligne :

« Silences ».

Et, pour les curieux, c’est ici que ça se passe :

http://www.monbestseller.com/manuscrit/silences

En quelques mots :

« C’est l’histoire de sept femmes. Sept sœurs que tout oppose mais soudées à jamais par le silence. Sept filles issues d’un couple, uni par l’amour, celé par l’indicible.

Elles sont sept ou peut-être plus…

Autant d’histoires et de chemins pris à contre cœur et contre corps aussi. Partir, vite ! N’importe quoi plutôt que de rester et assister à ça ! N’importe quoi plutôt que d’être des témoins silencieux, des otages impuissants.

Sept histoires de femmes et autant d’histoires d’hommes, ou peut-être plus…

Sept gamines devenues grandes, autour d’un mort qui ne dira plus rien.  Autant de silences qui explosent, et sept baillons qui lâchent en chœur, ça fait du bruit.

« Silences » c’est un peu ça, et peut-être un peu plus… »

Voilà, c’est fait ! Maintenant, je peux passer à autre choses.

De nouveaux mots, me piquent déjà les doigts…

Lulu

 

 

*** Au fil des maux… Les mots…

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« Secret de femmes » de Nathalie Cougny.
Editions AupaysRêvé

Témoignages de femmes.
Meurtries au corps, écorchées au cœur, à la vie, à la mort.

Des femmes abîmées par des hommes qui en ont perdu le titre.

Paroles de femmes, en forme de larmes.
Mots d’hommes comme des coups de poings,
Des mains et un sexe comme des armes.

Mais pourquoi ? Comment est-ce possible ?
Ces incessantes questions cognent dans la tête, le corps et le cœur, en moi aussi.

Retrouver confiance et croire encore aux mots doux comme des caresses. Des mots d’amour. L’amour…

Y croire encore, mais comment et pourquoi ?

*** Tourner la page.

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(Audrey)

Il est des auteurs que l’on retrouve comme des amis de longue date. Un style, des mots, un ton, un univers… Tout un monde familier qui rend cet inconnu aussi proche qu’une affection.

Aujourd’hui, j’ai retrouvé Joyce Maynard. Romancière américaine, son livre « Un adolescence américaine »* m’a bouleversée il y a quelques semaines. Et tout à l’heure j’ai lu les premières pages de « Et devant moi, le monde », qui est l’envers du décor du premier.

Quelques mots, une phrase, un paragraphe, une page, et elle est là. Mon amie d’un autre monde, d’une réalité parallèle, de ma réalité.

Il est des auteurs que l’on retrouve comme des amis de longue date et c’est merveilleux.

*Ma chronique littéraire :
http://www.hemcel.fr/2013/05/beau-et-universel-une-adolescence.html

*** Off.

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L’avantage des jours fériés c’est un avant-goût de vacances. Participer au consensus général autorisé, pour faire une pause. Les plus chanceux font « le pont » et en profitent pour une échappée belle, les autres, dont moi, choisissent de faire de ces journées, des break salutaires.

Aujourd’hui, j’ai choisi de faire du tri.

D’abord, vider mes armoires de vêtements que je ne porte plus mais que je garde comme des vestiges du passé inutiles et surtout encombrants. Comme de vieilles peaux usées, trop grandes ou trop petites, ou démodées, en tout cas, qui ne me ressemblent plus. Pour ne pas dire, qui ne m’identifient plus. J’ai rempli deux gros sacs que j’ai laissé à la portée de ceux qui en auraient peut-être besoin. Quand, je regarde mes étagères aérées avec un vrai contentement.

Ensuite un grand ménage du sol au plafond ou presque ! Ranger, laver, aérer, encore.

Enfin, une petite détox du corps pour parfaire le tout.

De la place, c’est dans ma vie en général que j’en fais. Revenir à l’essentiel. Garder le meilleur, me débarrasser du reste. M’alléger en tout. L’essentiel, je le connais. Et pour le ranimer avec fougue et fureur, je me suis fait le plaisir délicieux de revisionner « Moulin Rouge » de Baz Luhrmann. et oui, j’ai pleuré. Merveille où l’essentiel est fêté, joué, chanté et dansé.

« La plus grande vérité que l’on puisse connaître, c’est d’aimer et d’être aimé en retour. »

L’Amour. What esle ?…

http://vimeo.com/40719762

SECRETS D’ANGES Ou D’un certain labyrinthe des âmes.

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Céleste Mervel est une jeune femme bien sous tous rapports.
Fille unique d’un couple fantasque et éperdument amoureux, elle est la seule héritière de la boutique familiale. C’est-à-dire, une entreprise de Pompes funèbres où elle s’épanouit dans son art de la thanatopraxie.
Entourée d’une équipe dévouée, Céleste prend un réel plaisir à s’occuper de « ses morts » et met un point d’honneur à les rendre beaux. Ainsi, pour leur dernier voyage, elle suit à la lettre les conseils et les secrets d’un père aimé et aimant, disparu il y a peu.
Plutôt solitaire, elle n’a que deux passions dans la vie.
Son métier et sa mère, qui s’éteint peu à peu depuis la perte de son grand-amour. Céleste prend soin d’elle avec attention et tendresse.
Céleste a grandi dans un cocon familial doux et protecteur, qui l’a rendue quelque peu sauvage au monde extérieur. Sa mère était une grande cantatrice, son père était pianiste, Céleste, elle, se donne à l’harmonie de la harpe. Et c’est naturellement que la musique a été la quatrième complice de ce trio atypique.
D’ailleurs, un soir de décembre, alors qu’elle prépare le corps nu d’un jeune asiatique, la belle mélomane a une nouvelle inspiration. Et c’est ainsi qu’elle va créer un instrument improbable, judicieusement nommé, le « Ballophone. »
Le monde de Céleste, c’est donc, ses parents, la musique et la mort, et tout va très bien comme ça !
Enfin presque…
Un grain sable, vaniteux et arrogant va venir enrayer la belle machine. En effet, l’un de ses collaborateurs, dragueur et queutard invétéré, va se montrer d’abord trop insistant dans ses approches et surtout, trop curieux. Se sentant en danger, Céleste décide de réagir.
Et voilà la mort qui fait une entrée inattendue.
L’existence de Céleste prend alors un tournant irréversible, emportant et envolant tout et tout le monde sur son passage.
Et la vie et la mort de danser un ballet vertigineux, aux sons de vibrations merveilleuses, magiques mortelles et éternelles !

« Secrets d’Anges » est un roman intense, riche en émotions et en humour, à l’instar de son auteure, Michèle Sébal.
Cette femme de passion, d’amour et d’humanité est une véritable artiste à facettes ! Comédienne, écrivaine, metteuse en scène, sculptrice… Elle se définit elle-même comme « liseuse de rêves, sculptrice de mots et de formes, exploratrice d’esprits, ouvreuse d’espaces ». Autant de promesses tenues avec « Secrets d’Anges », qui se révèle plus qu’un roman, c’est un véritable voyage au pays des âmes, dont on revient léger, heureux et peut-être même, meilleur…
« Secrets d’Anges » de Michèle Sébal, à lire, à rire, à aimer.