Orient VS Occident, le patriarcat toujours gagnant.

Ce jeudi 1er août, une grande nouvelle nous est parvenue d’Arabie Saoudite. Enfin ces dames d’orient se voient « autorisées à obtenir un passeport sans « tuteur » masculin ».

Femme, Jeune Fille, Secret, Foulard, Arabe, Islam

Et la communauté internationale d’applaudir cette avancée spectaculaire dans la condition féminine saoudienne. Déjà, qu’il y a un an, on leur a permis de conduire seule. On peut parler d’un véritable frémissement de progrès dans l’émancipation de ces femmes. Et on a raison de s’en réjouir.

Sauf que la réalité reste, comment dire… inacceptable, intolérable,
insupportable ?

Oui, ça et plus encore.

En dépit des efforts du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a aussi permis
à ses sujettes, d’assister à des matches de football et d’accéder à des métiers autrefois (c’est à dire hier) réservés aux hommes, force est de constater qu’elles restent assujetties à une autorité masculine – père-frère-époux- oncle et fils (!).

Mineures à vie, voilà le statut des femmes saoudiennes en 2019. Mais l’Arabie Saoudite ne détient pas le monopole en ce domaine.

Selon Lemonde.fr : (…) Cette situation existe dans au moins seize pays, selon notre comptage, de la Mauritanie au Yémen en passant par l’Afghanistan et l’Egypte : on n’y reconnaît pas la majorité juridique aux femmes. On trouve le même type de situation en Bolivie, où les femmes doivent obtenir l’autorisation de leur époux pour pouvoir travailler. En Russie, 456 professions sont directement interdites aux femmes, comme les postes de conductrice de camion agricole, aiguilleuse de trains ou plombière. »

Autrement dit, « y’a encore du boulot ! » Pire, c’est devant notre porte « aussi »
qu’il faut agir et réagir !

En effet, s’il est de bon ton d’acquiescer ses avancées saoudiennes, rappelons
que l’occident, USA et Europe en tête, feraient mieux de la jouer modeste !

Rappelons les tristes régressions en matière d’avortement, dont se gausse, notamment, l’état américain d’Alabama. L’Alabama qui trouve de bon goût  d’exiger, pour une femme violée de demander à son agresseur, le droit d’avorter !

Il faut dire qu’en ce domaine, ils sont nombreux, les pays à se disputer la palme !

Toujours selon Lemonde.fr : (…) seuls 58 pays dans le monde autorisent l’avortement sans condition. Dans une majorité de pays, soit l’accès à l’avortement est limité de manière étroite, en réclamant l’aval d’un ou deux médecins ou en demandant de prouver un état
de détresse économique, par exemple, soit il est strictement interdit, sauf
dans le cas où la vie de la femme est en danger. »

Prouver sa détresse, être en danger de mort, quémander, encore et toujours le droit de disposer de son corps ! Mais ça va durer encore longtemps cette ingérence dans la vie et la chair des femmes ?

On parle de la différence de salaires, ou on lâche l’affaire ? Et cette fois, je parle
de la France.  En 2019, « En équivalent temps plein, les femmes touchent 18,5 % de moins que les hommes, selon l’Insee. La discrimination pure serait d’environ 10 %
d’après le ministère du Travail.
 » (Observatoire des inégalités)

J’ajoute une petite particularité à laquelle vous n’aviez pas pensé. Savez-vous que
la moitié de notre population n’a pas de nom ? Et oui, dans un modèle social hétéro,
une fillette naîtra d’abord avec le patronyme de son père, pour ensuite prendre
celui de son époux. Autrement dit, elle disparaît d’une lignée pour se fondre
dans une autre,
sans jamais créer la sienne.
Ainsi, pendant des siècles, les femmes restaient les invisibles de la généalogie.
Heureusement, aujourd’hui, il est possible de garder et transmettre son patronyme « paternel » donc, comme un homme. Un droit à prendre mes sœurs !

Et pour finir d’enfoncer le clou, voici un petit récapitulatif des dates clés dans les droits cédés aux femmes, en France  (merci  à Felina) :  

Déguisement, Fée, Fillette, Miroir, Déformant, EnfantSous l’Ancien Régime.
1790 Les lois de la Révolution :
la femme a le même droit
à l’héritage que les enfants de sexe masculin.

1804 Le Code Napoléon consacre l’incapacité juridique de la femme mariée :
. la femme, considérée comme mineure, est entièrement sous
la tutelle de ses parents,
puis de son époux ;

. restrictions sévères au droit de divorcer.

1816 Suppression totale du divorce.

1848 : instauration du « suffrage universel » masculin

1874 Première loi tentant de protéger les femmes au travail : les femmes ne peuvent travailler dans les mines, ni travailler le dimanche.

1881 Loi autorisant les femmes à ouvrir un livret de Caisse d’épargne sans l’autorisation de leur époux

1884 Loi autorisant le divorce, aux mêmes conditions qu’en 1804.

1915 Les femmes disposent de l’autorité paternelle en l’absence du mari, et pour la durée de la guerre.

1920 Loi faisant de la contraception et de l’avortement un délit pénal.
Les institutrices obtiennent l’égalité de rémunération avec les hommes.

1936 : le gouvernement Léon Blum compte 3 femmes sous-secrétaires d’État

1938 Loi reconnaissant à la femme une « capacité juridique » restreinte : droit d' »ester* en justice », de témoigner, etc… (*exister – être reconnue)

1941 Le divorce est interdit pendant les trois première années suivant le mariage; ensuite aussi, sauf en cas de sévices graves et répétés.

1942 L’avortement est considéré comme un crime contre l’État, passible de la peine de mort.

1944 Une ordonnance d’Alger accorde aux femmes le droit de vote et le droit d’éligibilité.
Les femmes sont admises dans les jurys d’assises

1945 Rétablissement du divorce aux conditions de 1908.
Loi instituant le congé de maternité obligatoire et indemnisé à 50%.
34 femmes sont élues députées

1946 Le préambule de la Constitution pose le principe de l’égalité des droits entre hommes et femmes.

1965 Réforme du régime matrimonial de 1804 : la femme peut gérer ses biens, ouvrir un compte en banque, exercer une profession sans l’autorisation de son mari.

1967 Loi Neuwirth autorisant la contraception ; celle-ci sera remboursée en 1974.

1970 La mère devient l’égale du père en matière d’autorité parentale.

1971 Loi rendant obligatoire l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes pour un même travail.

1974 Loi Veil autorisant l’IVG, sous certaines conditions.

1975 Libéralisation du divorce .

1983 Loi Roudy, qui interdit toute discrimination professionnelle en raison du sexe.

1986 Circulaire légalisant l’emploi du féminin pour les noms de métier.

1990 Arrêt de la Cour de cassation condamnant le viol entre époux.

1992 Loi réprimant les violences conjugales, et loi sanctionnant le harcèlement sexuel au travail.

1999 Réforme de la Constitution : la loi « favorise » l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives.
Loi en faveur de la parité hommes/femmes en politique...

Pas de quoi pavoiser devant l’Arabie saoudite, n’est-ce pas… Messieurs ?

Oui, si toutes ces merdeilles* existent (*ndlr : néologisme : mixe entre merdouille et merveille, tant le niveau de consternation est élevé), c’est grâce à l’indéboulonnable patriarcat !

Et la question qui suit est « Pourquoi ? »
Pourquoi  en sommes-nous encore-là, à l’ heure du numérique, de  la 4G, de Netflix,
de la 5G, d’Amazon, de l’I-Phone 5 ? 6 ? 7 ? de Cyril Hanouna, de Marlène Schiappa,
de Trump… ?

Ah… La réponse est sans doute dans la question..

Autrement dit, alors que le 21ème siècle approche de sa 20ème année, perdure un système de penser rétrograde, bousculé certes, par des #Metoo et autres #Balancetonporc, sans être jamais renversé.

Alors la vraie question est : à qui profite le crime ?
Et bien oui, aux hommes tout puissants, pourtant bien impuissants face à la puissance invaincue des femmes – comme la décrit si bien, Mona Chollet, dans son excellent livre éponyme (« Sorcières : la puissance invaincue des femmes » lisez-le,
aimez-le, partagez-le, prêtez-le, offrez-le !)

Et encore oui, nous sommes des sorcières. Survivantes de tous les maux innommables subit à travers les siècles, nous sommes des femmes debout et combattantes.
Puisqu’il le faut.

Et pourtant il suffirait que la majorité des hommes rejoigne notre camp.

La guerre est déclarée par des obscurantistes falots, peu sûrs de leur virilité molle,
qui s’accrochent à leur pouvoir vain et leur supériorité en carton pâte.

La violence est leur langage. La mort aussi. Et je ne vous parle pas d’un ailleurs, là-bas, dans les Emirats, mais bien d’ici.

A ce jour, vendredi 2 août 2019, en France, depuis le 1er janvier,
83 femmes ont-été tuées sous les coups de leur ex/conjoint.

83.

Fleurs Funéraires, Couronnes De Fleurs, Fleur
83

Et pourtant, il suffirait que la majorité des hommes rejoigne notre camp.

Welcome Gentlemen.

Lulu

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