Petit papa Noël… Prends garde à toi.

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Bon, c’est fait. On est entré de plein pied dans la période  préparation de Noël, avec son cortège de pubs de cadeaux, qui va avec. Soit.

Mais, voilà, insidieusement (ou pas d’ailleurs) s’y faufilent des pubs plus sexistes les unes que les autres. Encore plus que d’habitude, je veux dire. Ce qui n’est pas rien.

Et il y en a une qui m’horripile particulièrement, c’est celle pour un lave-vitre Karsher. Elle est diffusée depuis des semaines déjà, pas spécialement pour Noël, mais elle représente tout ce qu’il y a de détestable dans la reproduction des rôles féminin-masculin passéiste.

Qu’y-voit-on ? Une femme, tellllllement épanouie dans son grand salon immaculé, illuminé par une non moins grande verrière, donnant sur un immense jardin. Elle est seule, c’est l’après-midi, monsieur-papa est certainement au travail. Pas elle….

Soudain, qu’aperçoit-elle ? Une horde de gamins déchaînée, décidée à tout foutre parterre. Enfin, plus précisément, et pour une raison inconnue, ils vont uniquement s’en prendre à ses jolies vitres cristallines. Je veux dire, ils laissent le reste du salon nickel ? Bizarre non ? Bref ! La madame-maman est contrariée ! Crotte, zut, flûte, l’ont tout salopé ma baie vitrée !!!

Heureusement, le lave-vitre Karcher est là ! Elle s’en saisit avec un plaisir non dissimulé et dans un sourire d’extase, fait disparaître les gribouillis multicolores, de ces charmants bambins… Aaaaaaaaaaah soulagement orgasmique. De l’autre côté de la vitre, la bande de marmots, finalement foutue dehors manu-militari, fait des grimaces, et l’un d’eux menace même de sa main, de laisser une nouvelle trace. Oh ben non, alors ! Madame-maman fait la moue. Fin.

Bon. Pas la peine de vous faire un dessin (sur une vitre par exemple huhuhu!), tous les codes sont là. Madame-maman ne travaille probablement pas, Elle s’occupe des enfants (bon gré ou mal gré, ça...) et prend parfaitement soin de son intérieur. Parce que La Femme, qu’on se le dise, ça vit, ça respire, ça s’épanouit à-la-maison !

Et de retrouver tout ce qu’il y a de plus archaïque dans la représentation du genre, grâce à la fabuleuse invention des arts ménagers, pour vous mesdames.

1970

 

Dès les années 20, un salon est même proposé, pour aider la brave ménagère, à la (parfaite) réalisation de ses tâches domestiques. Devenez la domestique consentante et heureuse de votre famille, grâce aux nouvelles technologies ! On en est pas loin. et ce salon existe encore… Soupirs… (Cliquez, ici vous ne serez pas déçu/e : http://www.ina.fr/video/AFE85004973  )

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Ne nions pas pour autant, que l’électroménager à aider les femmes à se libérer de la hardiesse de ces tâches, mais pas de l’obligation de s’y plier.

Donc, Noël approchant, voyons ensemble, les cadeaux à éviter absolument ! C’est NON NEGOCIABLE ! Et les « arts ménagers » sont en tête de liste !

Fer à repasser, aspirateur, chariot rigolo pour faire les courses (heu ça fait rire personne en fait…), lave-vitre (Sérieux, combien de fois par an, lavez-vous vos vitres ? Faut-il vraiment un karcher pour ça ? Je m’égare…), lave-linge, lave-vaisselle, et même cuisine équipée, c’est NON ! Ce genre de truc n’est pas un cadeau PERSONNEL NI PERSONNALISE, mais un apport pour le collectif ! Pigé ?

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Et ce n’est pas le cadeau pour maman, même si elle le réclame, car oui, c’est encore elle qui se tape le plus gros du boulot. Charge mentale, ça vous parle ? Ces « arts du ménage » devraient être utilisables et utilisés par toute la maisonnée. Je ne vous apprends rien, là…

Donc, l’électroménager et extension, ça s’achète tout au long de l’année, excepté à Noël, anniversaire perso, anniversaire de mariage, de pacs, fête, fête des mères (Maréchal, nous voilà !),  Journée des femmes, fêtes de grand-mères (oui, alors ça, ça a été créé par les cafés du même nom) et Saint-Valentin.

Attention, la réciproque est vrai. On évite la perceuse, la tondeuse ou la tronçonneuse pour monsieur.

Alors, un bon cadeau, c’est quoi ?
C’est celui qui fait plaisir, celui qui correspond à une envie, pas à un besoin. Ecoute-la/le, regarde-la/le, et si vous séchez, demandez une liste, la plus folle, sans restriction ! Vous pourrez toujours adapter selon vos moyens.

Exemple : Elle ou lui, adore les films Bollywood et rêve d’un voyage en Inde. Bon, ça coûte une blinde et justement, il faut changer de voiture, déménager ou payer la nouvelle chaudière, donc, impossible. On adapte ! Un spectacle Bollywood, un resto indien et/ou des cours de danse Bollywood ! Le tour est joué.

Elle ou lui adore un auteur. Ok. On lui offre son dernier livre et on se débrouille pour trouver une séance de dédicace, où rencontrer l’écrivain.

Je m’arrête là, mais les possibilités sont infinies, à condition qu’on se creuse un peu la nénétte ! (oui, bienvenue en 1982, date de cette expression).

Et pour les grincheux/seuses qui déclarent crânement : « Ouais, moi je déteste les fêtes officielles avec cadeaux obligatoires. C’est que commercial et puis c’est tout ! Je peux en faire toute l’année des cadeaux, si je veux ! » Menteurs/euses ! Ils/elles ne le font jamais ! Ce sont des pinces, point barre.

original Sur ce, je vous laisse, je dois faire mes listes (cadeaux à offrir et à recevoir). car, oui, moi j’adoooooooore Noël !

Le combat continue. je suis de celui-là.

Lulu