LE TESTAMENT DE LA CREVETTE

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Dans le langage courant, on parle d’une « crevette » pour décrire une fille, souvent, pas très grande, plutôt menue, (même en si elle s’enfile le tiers de le Tartiflette à elle toute seule suivie, bien sûr, du double Banana Split maison en dessert, elle ne prend pas un gramme !), le teint pâle mais lumineux, le sourire enjôleur et le regard espiègle et irrésistible.

Dynamique, sympa, toujours très affairée, elle sait rester disponible pour son entourage. Elle a toujours la pêche, le mot pour rire, le mot pour réconforter, le mot pour mettre le beau brun d’1M85 dans son lit, séduit par un si petit bout de femme, qu’il veut protéger dans ses grands bras.

Bref, une « crevette » est le genre de nana insupportable, qui rallie tout le monde, hommes, femmes, enfants, vieux, chiens, écureuils, tarentules, piranhas… tant elle est parfaite et irréprochable.

J’ai toujours rêvé d’être une « crevette », mais, hélas, il n’en fut pas ainsi… Pourtant ça partait bien, 1m62, brune, peau blanche parsemée de tâches de rousseurs aux premiers rayons du soleil, grands yeux vert, et heu…c’est à peu près tout !

Etant issue de géniteurs Transalpins, passé 12 ans, les rondeurs ont pris le pouvoir ! Menue, jamais je ne le fus ! De crevette je suis donc très vite passée gambas ! Et là forcément, c’est tout de suite moins charmant…

De plus, si mon épiderme est bien très clair, (ce qui est déjà un comble pour une italienne du sud), je vire facilement palotte à la moindre nuit courte ou contrariété. Ce qui, évidemment, n’échappe pas à mon entourage, qui, bienveillant, s’empresse de me le faire remarquer

« Oh lala, qu’est ce que t’es blanche ce matin !

_(Moi, sourire forcé), Non mais tu sais, j’ai la peau claire de nature !

_ Ah ouais, mais là t’as vraiment pas bonne mine, tu fais fatiguée, malade !

_ Mais je t’emmerde ! Heu non, ça c’est pas vrai même si c’est pas l’envie qui m’en manque parfois ! »

Et pourtant j’ai essayé ! De tout mon cœur, de toutes mes forces, j’ai tout fait pour devenir une de ces « adorables crevettes ! »

J’y ai même laissé des plumes !

Drôle pour un crustacé, non ?

Physiquement, on ne peut pas aller contre sa nature à moins de s’astreindre à une ascète draconienne et finalement, destructrice. Je l’ai compris un peu tard, hélas.

Ca me rappelle le pénible destin des Bonsaïs, qu’on taille à sa convenance, selon son propre sens de l’esthétisme, en ne tenant aucun compte de sa nature. Sans cesse contrarié et coupé dans son élan, le petit arbre nippon ne prendra jamais sa vraie forme ni sa réelle envergure,

Ainsi, mon corps était devenu mon petit bonsaï. Blessé, heurté, meurtri, sans consistance ni existence propre, et au final, complètement nié dans son identité propre.

Quant à ma personnalité, là aussi je n’y suis pas allée de main morte.

Mon objectif : Garder le contrôle, être parfaite, réussir et vouloir le meilleur sinon rien. Donc souvent, je me retrouvais avec rien, pire, j’ai fini par ne plus rien faire et ne plus rien vivre.

Vouloir être quelqu’un d’autre que soi, c’est miser sur des qualités qui n’existent pas et qui n’écloront jamais, en oubliant de faire fructifier son potentiel.

Les années passant, il a bien fallu se rendre à l’évidence, je ne suis pas et ne serais JAMAIS une « crevette » !

Ca a été dure, douloureux mais salvateur !

Mais si je ne suis pas une crevette, alors que suis-je ?

Un être humain, bien entendu, mais s’il me fallait un totem, quel serait-il ? Réfléchissons…

Oui, je suis très totem, très culture indienne. Je parle des Indiens d’Amérique, pas ceux d’Inde. Quoique ! Depuis peu adepte du cinéma « Bollywoodien », j’avoue avoir de nouvelles aspirations, mais je m’égare !

Reprenons, mon totem donc…

Avant de poursuivre, je dois vous faire une confidence.

Si je décide aujourd’hui de « tuer la crevette » et de partager la révélation de ma vraie identité, je le dois à l’une de mes amies. Une toute toute nouvelle amie ! Une amie toute neuve  ! Une jeune femme atypique, drôle, sensible qui n’use pas de rhétorique pour dire ce qu’elle a à dire ! Quitte, d’ailleurs, parfois à se montrer un peu directe voir abrupte et maladroite. Mais heureusement, elle a l’intelligence d’être toujours prête à reconnaître ses erreurs.

Ceci dit, ce qui la caractérise vraiment, c’est sa très grande, que dis-je, son incommensurable curiosité ! Dés qu’on rentre dans son cercle d’intimes, cette fille veut tout savoir de nous ! « Et pourquoi ?  Et qui ? Et quand ? Et pourquoi déjà ?… » Et le meilleur, c’est qu’elle vous écoute vraiment et sans vous juger. C’est suffisamment rare pour le souligner !

Elle se montre même assez douée pour vous aider à éclaircir vos soucis !

Cette fille est une fille bien et je suis heureuse d’avoir croisé son chemin.

Son animal Totem ? Je dirais un mixe entre le chat et le chien de prairie !

Le chat, pour son indépendance et sa liberté chéries et affirmées ! Et, comme lui, c’est elle qui vous accepte dans sa vie et pas questions de l’apprivoiser !
Le chien de prairie, c’est plus pour son coté vif, rigolo, toujours aux aguets, dressé sur ses petites pattes arrière, prompt à protéger son territoire et à réunir ses semblables.
C’est un chat de prairie en somme !

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Quant à moi, je suis une LOUVE bien sûr !

Son corps souple et musclé, chaud et soyeux est d’ailleurs bien plus proche du mien, que la petite virgule grise ou rose, ferme et froide qu’est la crevette ;

Coté regard, je me retrouve plus dans les yeux ambrés, fins et perçants de la bête que dans les petites billes noires et fixes du crustacé.

Par ailleurs, la Louve est un être social qui communique avec ses semblables. Elle a, à la fois, un esprit de groupe indéniable et peut jouir d’une complète autonomie.

Douce ou féroce, la Louve est expressive et sait se faire entendre et respecter.

Et moi aussi je sais envoyer des messages significatifs à mon entourage. Si je ne montre pas souvent les dents, je parle, je ris, je râle, je pouffe, je crie même quand je suis très en colère ou très en joie ! Voilà, en fait, je suis une personne « très ». Contrairement à la crevette monochrome et peu contrariante, j’use d’une palette de couleurs et d’humeurs qui ravissent autant qu’elles peuvent agacer. Rarement, bien sûr !

Evidemment, la crevette peut paraître plus rassurante, d’humeur égale, limite ennuyeuse, elle n’affiche pas de réelle particularité ni aucune aspérité. D’ailleurs, quoi de plus semblable à une crevette qu’une autre crevette ?

Et puis ce qui fait de moi un canidé, c’est surtout que je suis sûre que la Louve mange volontiers des crevettes si on lui en propose alors que l’inverse me paraît… peu probable ! Non ?

Adieu la crevette, donc, et longue vie à la LOUVE, longue vie à moi ! Enfin…

FIN.

Crevettes roses aux milles épices (pour 4 personnes) :

800g de crevettes roses

Marinade :

2 C à S de vinaigre Balsamique

4 C à S. de Nuoc mam

4 C à S de sauce de soja

3 C à S de Razel Han out

3 C à S d’épices indiennes

3 C à S de cumin

1 C à S de cannelle

Couper les têtes des crevettes et les mettre à mariner 10mn

Puis les faire griller sur un gril, un barbecue ou au four

Déguster avec des légumes sautés

Régalez-vous !!!!

Lulu

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