*** Coup de folie, c’est pas fini…

Harper's Bazaar, Hollywood, 1962

(Harper’s Bazaar, Hollywood, 1962)

On a tous une idée de la folie…

On se plait souvent à parler de folie douce et joyeuse, à laquelle chacun prétend pour colorer sa vie. C’est joli et plaisant, surtout en opposition à une raison de plomb.

Moi-même, j’ai toujours préféré les personnes un peu bancales, différentes, avec des failles, fines comme des cicatrices ou large comme le Grand Canyon…

Qui s’assemble se ressemble dit-on…

Ce n’est un secret pour personne, je suis un être patchwork ! Déchirée, recousue, le tout formant un ensemble de plus en plus seyant avec le temps. Un peu comme si, au fil des années et des épreuves, je créais mon propre habit de vie. Oh ! Il y a bien une couture un peu lâche ici ou là, mais tant mieux ! Cela laisse entrer de la lumière !

La folie donc. Je l’avais frôlée quelque fois et puis, récemment je l’ai rencontrée…

Elle a le visage de tout le monde. Parfois dans le regard, il y un peu moins de flamme et le corps danse au ralenti. Elle a un sourire tendre aussi quelques fois! Mais, non, elle ne se voit pas obligatoirement.

En revanche, elle se sent… En tout cas, moi, j’en ai perçu les ondes incandescentes, et ce qui m’a traversé ne pas laissée indemne.

Des êtres jeunes, fracassés de l’intérieur. Des âmes bleues, des corps abîmés, des peurs palpables et une souffrance hurlante…

Je les ai vus et reconnus… J’ai découvert certaines de leurs histoires. A travers elles, des résonances. Auprès d’eux, trop d’empathie, trop de ressemblances peut-être…

On me demande de prendre de la distance. Je ne peux pas.
On me demande de pas les laisser parler. Je ne peux pas.
On me demande de les suivre pour ne pas les perdre. L’un d’eux s’étant récemment échappé, pour se jeter du 5 ème étage, la pression est forte. Je ne peux pas.

Et, je ne le veux pas. La vérité, la voilà ! Mais je ne suis pas soignante non plus…

Alors, il me faut partir et laisser ceux qui peuvent, veiller sur eux.
Alors, je pars mais je ne les oublie pas.

Nouveau losange de chair brûlée à mon habit. Petit et précieux, pour le reste de ma vie.

Publicités