*** Loretta, ou les mots d’antan… 1- « Les hommes sont des singes paresseux. »

J’avais une grand-tante qui s’appelait Loretta.
Mi-chanteuse, mi-actrice, c’était surtout une femme entière qui a vécu sa vie comme une fête.
Ni mariée, ni mère – « J’ai toujours eu le cœur plus grand que le ventre ! »- Loretta était une femme libre et une amoureuse.

Dans la famille, soit on l’adorait soit on la détestait. « La principessa ou la Puttana » au choix.

J’aimais parler avec elle de la vie, des espoirs, des déceptions et surtout des hommes.

Des hommes, elle en a connu beaucoup et aimé plusieurs. Du simple ouvrier qui lui offrait des fleurs tous les jours, qu’il volait dans les cimetières, au Prince Russe qui chassait le renard blanc pour lui en faire un manteau somptueux…

Les hommes, c’était sa passion, sa vie.

Et en ces temps de douloureuse rupture, elle me manque… Et curieusement, ses mots, parfois abruptes, souvent drôles, tendres aussi mais toujours de bon sens, me reviennent en mémoire.

Il est temps de les noter et de les partager.

sloth in panama


1 – Les hommes sont des singes paresseux.

« Tu sais ce que c’est qu’un singe paresseux ? C’est une drôle de créature, assez fascinante, très lente, calme avec de grandes griffes pour s’accrocher aux branches. En hauteur, il dégage comme une majesté et une précision dans le geste. Il trône à la cime. Mais, au sol, c’est une autre histoire ! Le voilà pataud, mal à l’aise, perdu, fragile, vulnérable…

Les hommes sont pareils ! Glorieux au sommet, misérables à terre. Pire que misérable, tu sais ce que c’est pour un homme ? C’est attendrissant.

Un singe paresseux qui se retrouve parterre n’est pas misérable, il est attendrissant. Un chiot ou un chaton dans un panier, oui, c’est attendrissant mais lui, l’homme, jamais !

Et voilà pourquoi, les hommes se débarrassent souvent d’une femme qui les a vus plier, chuter, à terre. Celle qui leur a tendu la main pour se relever et ouvert les bras pour les consoler devient gênante. Alors, une fois revenu à la verticale, ils fuient la femme qui a posé un regard tendre sur eux. Celle qui a osé, celle qui sait. C’est le privilège réservé aux mères. Elles seules sont autorisées à une certaine tendresse. Et encore, pas toutes !

Alors ça ne veut pas dire que tu ne dois pas soutenir l’homme que tu aimes ! Mais garde-toi de tout maternage ! Et si tu es avec un homme qui cherche à être materner, pars. Une amoureuse n’est pas une mère. Sois une femme pour un homme. Tout est là ! Enfin presque…  »

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