#balancestonporc, ça balance pas mal à Paris, ça balance pas mâle…

#balancestonporc est un tsunami médiatique et sociétal, et c’est bien !

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(Désolée Babe, tu n’y es pour rien, c’est une expression)

Par un simple tweet, les femmes bafouées reprennent enfin la parole, et c’est bien !

Maintenant, les réaction qu’il suscite m’étonne, me heurte, me fâche, et ça, c’est pas bien, mais alors pas bien du tout !

Reprenons.
Passons d’abord, sur les nounours qui voudraient bien, qu’on dise aussi que tous les hommes ne sont pas des porcs, et qu’il y a des mecs bien, hein ?!
Mais oui, rassurez-vous messieurs, les femmes ne font pas d’amalgame, elles. Et nous savons très bien faire la différence. En gros, on vous aime… Enfin, la plupart du temps…

Cet hashtag a pour but de permettre enfin aux femmes, de parler de ce qu’elles vivent quotidiennement. Ce qui ne veut pas dire que ça arrive tous les jours, mais que c’est potentiellement possible, tous les jours.

Alors, quand j’entends des mots comme délation, ou épuration (spéciale dédicace au pompeux Raphaël Enthoven, qui parle aussi de féministes déchaînées qui veulent dénaturer le Français, avec la féminisation du langage et l’écriture inclusive. Sorcières ! Vite au bûcher !), quand des femmes victimes de ces immondices sexistes, donnent quelques noms porcins, je dis non !
De même quand Patrick Cohen, qui est pour la libération de la parole mais contre la révélation du patronyme des salauds, parce qu’il en connait un, justement (tiens, tiens…) qui est dévasté par ce qu’il lui arrive, je hurle NON ! (Et aussi quelques noms d’oiseaux,  que je préfère taire pour le moment). Sans blague, il se sent mal pépère ? Et la femme qu’il a agressée, elle va bien ? S’en est-il seulement inquiété une minute ? J’en doute…

Ce qui me met en rogne, donc, c’est que le débat se déplace pour savoir qui doit protéger qui et à quel titre ? Et que ce n’est pas normal ! La victime c’est la personne agressée. Point barre.

J’entends aussi des femmes (soupirs), soutenir que le propos n’est pas de nommer ces porcs, mais de raconter la réalité des femmes, d’aujourd’hui et de toujours. Ben oui, mais on fait la moitié du boulot là, non ?

Sous prétexte qu’il y a sûrement des mythos qui balancent n’importe quoi pour se faire remarquer (???), toute nomination serait soumise au doute. Admettons. Alors je voudrais bien savoir, qui s’amuserait à ça ? Franchement, c’est déjà suffisamment difficile et douloureux de parler d’une agression sexuelle (du harcèlement au viol) et de vivre avec le restant de sa vie, pour qu’une femme ait envie de s’en inventer une… Non ?

Reste qu’aux yeux de la loi, une femme qui donne le nom de son agresseur, si elle n’a pas de preuves tangibles, risque de se voir accuser de diffamation. (Lire « Parler » de Sandrine Rousseau)
Qu’on me dise, et vite, quelles genres de preuves peut-on apporter en cas de harcèlement sexuel verbal ? Un enregistrement est difficilement recevable car jugé déloyal* (oui, je sais, c’est énervant). Alors on fait comment ? Et, quid d’un viol, quand la victime ne parvient pas à porter plainte tout de suite après, et que « les preuves physiques » ont disparues ?

Il ne reste alors, que la parole de l’une contre celle de l’autre. Et comme toutes les femmes sont folles, myhtos, hystériques… Risque de non-lieu imminent.

Octobre 2017, une brèche s’est ouverte pour la libération de la parole des femmes, victimes d’agression sexuelle. Ne la laissons pas se refermer.  Mesdames, messieurs, ouvrons-la bien grand et parlons, pendant qu’il en est encore temps, et pour longtemps.

Le combat continue. Je suis de celui-là.

Lulu

(L’enregistrement audio à l’insu d’une personne est recevable devant le Juge pénal: https://www.juritravail.com/Actualite/vie-privee/Id/18582)

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Claque de fin pour Harvey Weinstein.

Les dessous de Hollywood ne sont pas chics. 

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Depuis toujours, les grands studios sont tenus par des mâles blancs tout puissants, pour des mâles blancs tout puissants.
Au plus fort du glamour hollywoodien, les stars masculines gays étaient priées de la fermer, de se marier et de jouer les mecs à femmes, virils et machos à souhait.
Les stars féminines, elles, étaient des poupées calibrées, retouchées, redentées, recoiffées, remaquillées et offertes.  Droit de passage, droit de cuissage.
Droit à l’image, pas à la parole.

Et pour faire passer la pilule, cocktail d’alcool, drogues, barbituriques et amphétamines.

Marylin Monroe, John Huston, Judy Garlan… Dépression, déchéances, suicides…  On ne compte plus les victimes célèbres, broyées par la machine infernale et la loi du silence.

Octobre 2017, Hollywood passe enfin au parlant.
Des actrices et des mannequins d’Amérique et d’ailleurs, condamnent, dans des récits dramatiquement similaires, Harvey Weintein, grand boss de Miramax. Menaces, harcèlement, chantage et agressions sexuelles. Car oui, on ne parle pas que de harcèlement sexuel, on parle aussi de viols.

harvey-weinstein-large-picture-690266728Pas glam’ tout ça. Gênant même…

Stupeur dans le camp démocrate dont le salaud a financé les campagnes. Malaise, forcément, car si l’argent n’a pas d’odeur, le scandale, lui, a une odeur pestilentielle tenace. God bless America. Ou Pas.

La question que je me pose est la suivante : Qui savait et n’a rien dit ?

Que tout le monde hollywoodien tombe de l’armoire et publie des tweets offusqués, me semblent un poil artificiel. Surtout quand on découvre, en entre filet, qu’effectivement, il y a avait bien eu des rumeurs, depuis un petit moment. Mais, on ne peut pas croire tout ce qu’on entend, hein, surtout quand ça parle de harcèlement ou d’agression sexuels, de la part du patron de l’un des plus grands studios d’Hollywood, qui fait et défait des carrières, en un glissement de braguette.

Alors, qui savait et n’a rien dit ? Et, pourquoi, précisément dans les affaires de violences faites aux femmes, systématiquement, on sait et on ne dit rien ?

Dans le bouleversant « Parler », Sandrine rousseau décrit dans le détail, comment elle a tenté de parler des agressions de Baupin, au sein même de son parti, sans que personne ne réagisse d’une part, et d’autre part, que certains n’étaient pas surpris mais  plutôt embarrassés qu’il ai recommencé. A vomir.

Ils savent et ne disent rien. 

Le tabac tue, dit-on, le Silence aussi. Sauf, qu’il n’y a pas de bandeau ni de pancarte partout autour de nous, pour nous avertir du danger. Et, c’est ce silence qui tue les femmes depuis des générations, partout dans le monde, quelque soit le milieu socioprofessionnel.

A Hollywood, les femmes ont pris la parole, pourvu qu’on entende enfin leurs voix.

Parlons pour qu’on entende enfin nos voix.

Et, pendant ce temps-là, Bertand Cantat, est à la Une des « Inrocks », parlant et bien vivant. Lui.

Lulu

Angot VS Rousseau, paroles, paroles, paroles…

La séquence entre Christine Angot et Sandrine Rousseau m’a laissée dans un état de sidération sans nom. Sans mot, devrais-je dire.

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Les mots, justement. A dire, à taire, à hurler.

Les violences faites aux femmes, comme on dit, nous concernent toutes et tous. Faites un rapide sondage autour de vous, et vous trouverez au moins une personne, et probablement une femme, qui a été touchée, soit directement, soit dans son cercle proche.

Les agressions sexuelles, le viol, l’inceste, on n’y échappe pas. Nulle part dans le monde, toutes cultures et toutes classes confondues, une civilisation a fait sans. Ils font partie de l’Histoire. Cette belle Histoire guerrière et conquérante qu’on nous apprend sur les bancs de l’école, menée par des héros mâles, vaillants et puissants.

On nous parle bien de quelques femmes, perdues dans la frise chronologique, mais pucelle ou superficielle, elles finissent vite au bûcher ou la tête tranchée.

A croire qu’en sortant de la côte d’Adam, Eve devait bien s’attendre à se la prendre dans la gueule, de temps en temps. En silence, évidemment.

Samedi soir.
Violences faites aux femmes. Violence entre femmes. Messieurs spectateurs et muets, presque indifférents, devant ces deux femmes qui parlaient de la même chose, mais ne s’entendaient pas.

Christine Angot, qui refuse le qualificatif de victime, l’a pourtant été, et visiblement, l’est encore. Et bien plus qu’elle ne le dit car c’est bien la femme victime – deux termes qu’elle rejette en bloc- qui agressait Sandrine Rousseau.

Quand on a été agressée sexuellement ou violée, on est d’abord victime. c’est comme ça. C’est ce qui fait aussi qu’il y a un bourreau.
Après, on se reconstruit. Comme on peut. Et un jour, on retrouve notre humanité, notre intégrité et notre féminité. C’est long, c’est douloureux, mais c’est possible. Et, parler, quand on peut, ça aide au processus. Être ENTENDUE c’est être reconnue en tant que victime face à un bourreau. Victime est la première étape. Pas la finalité.

Je ne connais pas Christine Angot, je ne lis pas ces livres non plus. Quand que je l’entends, elle ne me touche pas. Alors pourquoi me plonger dans sa littérature ? C’est une question d’appétence si vous voulez.
Mais derrière ses allures d’être humain neutre et son statut d’écrivain qui écrit, c’est bien la femme meurtrie et abîmée que j’entendais hurler, samedi soir. Hystérique, dirait l’autre, mais je ne suis pas cet autre. Je ne suis pas sûre de comprendre sa colère. Mais je sais qu’elle se trompait de destinataire. Apparemment, « Parler » a réveillé en elle une rage et un cri insoutenables, qui l’ont rendue sourde au récit- et non discours- de Sandrine Rousseau. C’est dommage…

Je ne connais pas Sandrine Rousseau non plus. L’affaire Baupin me l’a révélée. Car n’oublions pas que derrière ce « Buzz », il y a ce salaud qui rôde.

Elle m’a touchée, évidemment, et bien au-delà de ses larmes, j’ai vu, j’ai ENTENDU la femme qu’on veut faire taire. Encore. Car voilà le nœud de l’histoire. Femme, ton corps ne t’appartient pas. Femme ta parole n’existe pas.Tu n’es pas la première à qui ça arrive. Prends sur toi. C’est comme ça. On n’en parle pas.

Sauf que si, on en parle ! Sandrine rousseau en parle, j’en parle, et on devrait tous en parler, parce que ce n’est pas normal d’agresser une femme en toute impunité. Et ce n’est pas normal qu’on ne se soutienne pas entre femmes, victimes ou pas.

Le fameux « la honte doit changer de camp » a de beaux jours devant lui… Le combat continue. J’en suis. Par ce que tout ça, hein, c’est pas que des histoires de bonnes femmes !

Lulu

Mort du Playboy. Je sens que je vais m’énerver !

tee-shirt-playboy-parodie-donnie-darko-noirHugh Hefner est mort. Personnellement, je m’en contrefous. Sauf que dans ces belles matinales viriles qui enchantent nos radios, les commentaires sexistes pointés de nostalgie, ont vomi dans mes oreilles.

Exemples : « Les petits lapins sont tristes, Hugh Hefner est mort à l’âge de 91 ans… » (France inter)

« Mort de Hugh Hefner, l’homme qui a participé à la libération sexuelle américaine, vient de mourir… » (RTL)

Cette fois sur TF1 : « Hugh Hefner, l’homme qui a déshabillé les plus femmes du monde, avec leur consentement, est mort cette semaine… »

Inutile d’en dire plus, je suis déjà en surchauffe nerveuse.

D’abord, on peut se demander pourquoi j’écoute ces médias à la papa, vendus aux plus offrants, et définitivement sexistes, réacs, paternalistes et condescendants ?

Parce je suis maso ! je m’informe autrement, mais je me donne pour mission de jeter un œil et une oreille sur les « grands médias » pour avoir un aperçu de leur traitement de l’actualité. Et, je ne suis jamais déçue… Ou plutôt si, tout le temps. Et quand, vraiment, j’enrage, je réagis.

Ensuite, que dire de ces commentaires ?
Les Bunnys étaient des joujoux sexuelles, vivant dans des maison closes « politiquement correctes », mais évidemment exploitées par des messieurs bien comme il faut, venus prendre un drink et une pépé, avilie en petit lapin rose bonbon.
Libération sexuelle, mon cul ! Enfin, plutôt celui de cette même masse masculine frustrée et hypocrite, qui a trouvé là, de quoi agiter sa tige sur des images glacées, en toute légitimité.
« Oui, mais il y a avait des articles écrits par de grands intellectuels dedans ! » Bouge de ma vue. Vite et loin.
Quant aux femmes nues et consentantes… Soupirs. Là, je n’ai pas le courage…

Bref ! Hugh Hefner est mort. Ok. Le sexisme, lui est toujours vivant, et moi, c’est ça qui me pose problème.

Les filles, le combat continue. Et, n’oubliez pas, on est des Reines, pas des quiches.

Belle vie à tous !

Lulu

IVG, restons en Veil…

Je sens que je vais m’énerver !
En fait, non, je suis déjà énervée, très énervée, très très très énervée !

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Peut-être cette information vous -a-t-elle échappée, mais il y a une dizaine de jours, l’Arkansas, a décidé que dorénavant, les femmes ont l’OBLIGATION de demander la permission aux pères biologiques, d’avorter.

Oui, vous avez bien lu ! meaning-of-life-every-sperm

Et, mieux encore, cela s’applique aussi aux femmes violées, qui devront donc avoir l’accord du salaud infâme qui les a profanée, pour se débarrasser de ce résidu immonde, accroché à leurs entrailles.

Nom de Dieu ! Dans quel monde vit-on ?

Alors que la France célèbre et honore Madame Simone Veil, à qui toutes les femmes disent merci, les States de M. Trump se distinguent encore par des reculs de la liberté des femmes à disposer de leur corps…

Jusqu’à quand cette plaisanterie funeste va-t-elle encore durer ?

Alors, soyons clairs, églises, religions, et autres testiculaires de Loi ou politiques en tous genres, pitié FOUTEZ-NOUS LA PAIX ! MPSENSDELAVIE1

Mon corps, mon esprit, mon intelligence, et même mon âme, – car oui, tremblez, les femmes ont une ââââme ! – m’appartiennent.

Pino Daeni Et, ne vous en déplaise, censeurs de tout poil, mes soeurs et moi sommes libres d’en disposer à notre guise, et je dirais même, d’en jouir à volonté !

Amen.

Sur ce, je ne vous salue pas.
Et, j’arrête de m’énerver, ça donne des rides.

Quant à vous, mes soeurs, restons vigilantes, nos Droits restent des combats.

Tendresse.

Lulu

Marine Le Pen et la stratégie d’une « femme comme les autres »

Les Martiennes®

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Marine Le Pen a choisi l’angle de sa campagne : les femmes. Et pour ce faire, elle a décidé de  les cibler et de jouer sur les soi-disant particularités de sa  « féminité ». Elle proclame qu’elle est « une femme » et « une mère », à la fois dans son clip de campagne et dans son tract, qui est une mauvais mix de magazines people et féminin. Sa démarche : se présenter comme femme, car selon elle  « qui mieux qu’une femme pour comprendre les femmes », écrit-elle. Et c’est là que le bât blesse.

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Chapitre 1 -Le fond de l’air est frais

 

Préambule :

Avant tout, je tiens à préciser que ce récit est un témoignage personnel, qui ne remet pas en cause mon intérêt pour un travail d’accompagnement social, auprès d’un public migrant. Le problème, ce n’est pas les migrants. Je tiens à le préciser.

Chaque entretien et chaque rencontre reste un moment unique et intense. Et quand je parviens à répondre à leur attente, je sais pourquoi je suis là. Je me sens à ma place.

Qu’est-ce que je risque à vous raconter tout ça ? Peut-être d’être virée… Je ne sais pas. ce n’est pas le but. Mon objectif, c’est juste de partager ce qui me pèse depuis des jours (et des nuits, car, oui, j’en perds le sommeil) et dire mon indignation face à des conditions de travail lamentables, qui nous rendent, malgré nous, maltraitants, en étant maltraités…

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Chapite 1, donc, Le fond de l’air est frais.

Nous avons ouvert en novembre, et déjà le froid était mordant.

Nous avons ouvert en novembre et nous n’avions toujours pas de chauffage.

Nous avons ouvert en novembre et on nous a expliqué que le chauffage était en panne, que le fioul n’était pas livré, et que de toute façon, à 6000€ la semaine, il faudrait faire des économies…

Voilà, ça a commencé comme ça…

Alors, pour les salariés préposés aux entretiens, dont je fais partie, il y avait heureusement, les bureaux chauffés, pour recevoir les migrants. Mais pour ceux, chargé de l’accueil et de la vie de l’espace, rien.

Quant au public, n’en parlons pas. Le seul moyen de se réchauffer était (et reste), de boire des litres de café et de thé, mis à disposition.

Nous aurions dû, il est vrai, faire jouer notre droit de retrait. Seulement, tous motivés à mener à bien notre nouvelle mission, nous sommes passés outre.

Résultat : les arrêts maladie se sont multipliés, sans que rien ne change vraiment. Aujourd’hui encore, la mise en route du chauffage reste aléatoire, et nous avons tous la goutte au nez, avec une crève qui ne passe jamais vraiment.

Aux dernières nouvelles, les bureaux non plus n’étaient pas chauffés il y a 24h… Il a fallu demander la remise en marche du chauffage, pour finir la journée dans des conditions… normales…

J’oubliais ! Il y a une semaine, on nous a offert des polaires… No comment.

Demain est un autre jour…

A suivre…