Authentique ?

Authentique
adjectif  (bas latin authenticus, du grec authentikos)
Dont l’exactitude, la vérité ne peut être contestée 
Dont l’origine est indubitable 

D’une totale sincérité

Monica Vitti

Curieux… Après un formidable élan offert hier, en rejoignant le défi des 100 jours (particulièrement touchée par l’accueil des membres), un épuisement m’a écrasée.

Nuit mouvementée, réveil lourd. Peur au ventre de retour.

Je dis NON à l’envahissement, et OUI, à la promesse de vie.

Je regarde la vidéo de Lilou sur les blocages qui nous éloignent de nos rêves. J’écris d’une traite :

Peurs du manque, de l’abandon et du rejet. Auto-dévaluation et doutes permanents.

Je relis. Pouh ! ça fait mal !

Je comprends que depuis janvier, je suis en lutte et je me suis perdue… Et, épuisée. J’aime mon travail, je m’y donne à fond, trop sans doute. Bon petit soldat, on me charge. J’accepte et un jour, je dire STOP ! je me suis surprise moi-même !

Ai-je été entendue ? En partie… Mais c’est depuis ce STOP que tout s’est mis en branle dans mon être.

Qu’est-ce que je veux vraiment ? Une amélioration financière évidemment, mais c’est autre chose…

Je m’aperçois avec effroi que je n’ai plus de rêve… Oh my God ! Mais rêveuse, c’était mon 2e prénom depuis l’enfance !

En 2012, grand bouleversement dans ma vie. Terrible trauma physique et psychologique. J’ai survécu et décidé de Vivre. C’était bien, c’était bon…

Et puis, je me suis refermée, toute seule comme une grande, jusqu’à l’asphyxie.

Depuis quelques semaines, je cherche. Je veux apprendre à nouveau, comprendre le monde qui m’entoure et après une double déception « matérielle » avec un piratage de mon compte en banque en prime, je suis rattrapée par une sinusite. Quand je vous dis que je n’arrive plus à respirer…

3 jours d’arrêt. Pause salvatrice.

Le livre de Lilou »je n’ai pas d’argent et ça me plait » me fait de l’oeil dans ma bibliothèque… Je le saisis et tout en m’y replongeant, je retourne voir ses vidéos. Défi des 100 jours… Aurais-je la force ? Aurais-je la foi ?… « Naaaaaaaaaaaannnn! » me hurle mon satané mental ! Je le chasse et je me lance…

Jour 1 – déferlement d’émotions.

Jour 2 – La peur et le doute… Zone de confort ? Le combat commence maintenant.

Je corrige mes intentions, et je m’ouvre à vous…

Moi qui me suis tant cadenassée, c’est une épreuve. Mais, il me semble indispensable d’être authentique ici, avec vous, pour apprendre à l’être dans ma vie entière.

 

Authentique…

LE TESTAMENT DE LA CREVETTE

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Dans le langage courant, on parle d’une « crevette » pour décrire une fille, souvent, pas très grande, plutôt menue, (même en si elle s’enfile le tiers de le Tartiflette à elle toute seule suivie, bien sûr, du double Banana Split maison en dessert, elle ne prend pas un gramme !), le teint pâle mais lumineux, le sourire enjôleur et le regard espiègle et irrésistible.

Dynamique, sympa, toujours très affairée, elle sait rester disponible pour son entourage. Elle a toujours la pêche, le mot pour rire, le mot pour réconforter, le mot pour mettre le beau brun d’1M85 dans son lit, séduit par un si petit bout de femme, qu’il veut protéger dans ses grands bras.

Bref, une « crevette » est le genre de nana insupportable, qui rallie tout le monde, hommes, femmes, enfants, vieux, chiens, écureuils, tarentules, piranhas… tant elle est parfaite et irréprochable.

J’ai toujours rêvé d’être une « crevette », mais, hélas, il n’en fut pas ainsi… Pourtant ça partait bien, 1m62, brune, peau blanche parsemée de tâches de rousseurs aux premiers rayons du soleil, grands yeux vert, et heu…c’est à peu près tout !

Etant issue de géniteurs Transalpins, passé 12 ans, les rondeurs ont pris le pouvoir ! Menue, jamais je ne le fus ! De crevette je suis donc très vite passée gambas ! Et là forcément, c’est tout de suite moins charmant…

De plus, si mon épiderme est bien très clair, (ce qui est déjà un comble pour une italienne du sud), je vire facilement palotte à la moindre nuit courte ou contrariété. Ce qui, évidemment, n’échappe pas à mon entourage, qui, bienveillant, s’empresse de me le faire remarquer

« Oh lala, qu’est ce que t’es blanche ce matin !

_(Moi, sourire forcé), Non mais tu sais, j’ai la peau claire de nature !

_ Ah ouais, mais là t’as vraiment pas bonne mine, tu fais fatiguée, malade !

_ Mais je t’emmerde ! Heu non, ça c’est pas vrai même si c’est pas l’envie qui m’en manque parfois ! »

Et pourtant j’ai essayé ! De tout mon cœur, de toutes mes forces, j’ai tout fait pour devenir une de ces « adorables crevettes ! »

J’y ai même laissé des plumes !

Drôle pour un crustacé, non ?

Physiquement, on ne peut pas aller contre sa nature à moins de s’astreindre à une ascète draconienne et finalement, destructrice. Je l’ai compris un peu tard, hélas.

Ca me rappelle le pénible destin des Bonsaïs, qu’on taille à sa convenance, selon son propre sens de l’esthétisme, en ne tenant aucun compte de sa nature. Sans cesse contrarié et coupé dans son élan, le petit arbre nippon ne prendra jamais sa vraie forme ni sa réelle envergure,

Ainsi, mon corps était devenu mon petit bonsaï. Blessé, heurté, meurtri, sans consistance ni existence propre, et au final, complètement nié dans son identité propre.

Quant à ma personnalité, là aussi je n’y suis pas allée de main morte.

Mon objectif : Garder le contrôle, être parfaite, réussir et vouloir le meilleur sinon rien. Donc souvent, je me retrouvais avec rien, pire, j’ai fini par ne plus rien faire et ne plus rien vivre.

Vouloir être quelqu’un d’autre que soi, c’est miser sur des qualités qui n’existent pas et qui n’écloront jamais, en oubliant de faire fructifier son potentiel.

Les années passant, il a bien fallu se rendre à l’évidence, je ne suis pas et ne serais JAMAIS une « crevette » !

Ca a été dure, douloureux mais salvateur !

Mais si je ne suis pas une crevette, alors que suis-je ?

Un être humain, bien entendu, mais s’il me fallait un totem, quel serait-il ? Réfléchissons…

Oui, je suis très totem, très culture indienne. Je parle des Indiens d’Amérique, pas ceux d’Inde. Quoique ! Depuis peu adepte du cinéma « Bollywoodien », j’avoue avoir de nouvelles aspirations, mais je m’égare !

Reprenons, mon totem donc…

Avant de poursuivre, je dois vous faire une confidence.

Si je décide aujourd’hui de « tuer la crevette » et de partager la révélation de ma vraie identité, je le dois à l’une de mes amies. Une toute toute nouvelle amie ! Une amie toute neuve  ! Une jeune femme atypique, drôle, sensible qui n’use pas de rhétorique pour dire ce qu’elle a à dire ! Quitte, d’ailleurs, parfois à se montrer un peu directe voir abrupte et maladroite. Mais heureusement, elle a l’intelligence d’être toujours prête à reconnaître ses erreurs.

Ceci dit, ce qui la caractérise vraiment, c’est sa très grande, que dis-je, son incommensurable curiosité ! Dés qu’on rentre dans son cercle d’intimes, cette fille veut tout savoir de nous ! « Et pourquoi ?  Et qui ? Et quand ? Et pourquoi déjà ?… » Et le meilleur, c’est qu’elle vous écoute vraiment et sans vous juger. C’est suffisamment rare pour le souligner !

Elle se montre même assez douée pour vous aider à éclaircir vos soucis !

Cette fille est une fille bien et je suis heureuse d’avoir croisé son chemin.

Son animal Totem ? Je dirais un mixe entre le chat et le chien de prairie !

Le chat, pour son indépendance et sa liberté chéries et affirmées ! Et, comme lui, c’est elle qui vous accepte dans sa vie et pas questions de l’apprivoiser !
Le chien de prairie, c’est plus pour son coté vif, rigolo, toujours aux aguets, dressé sur ses petites pattes arrière, prompt à protéger son territoire et à réunir ses semblables.
C’est un chat de prairie en somme !

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Quant à moi, je suis une LOUVE bien sûr !

Son corps souple et musclé, chaud et soyeux est d’ailleurs bien plus proche du mien, que la petite virgule grise ou rose, ferme et froide qu’est la crevette ;

Coté regard, je me retrouve plus dans les yeux ambrés, fins et perçants de la bête que dans les petites billes noires et fixes du crustacé.

Par ailleurs, la Louve est un être social qui communique avec ses semblables. Elle a, à la fois, un esprit de groupe indéniable et peut jouir d’une complète autonomie.

Douce ou féroce, la Louve est expressive et sait se faire entendre et respecter.

Et moi aussi je sais envoyer des messages significatifs à mon entourage. Si je ne montre pas souvent les dents, je parle, je ris, je râle, je pouffe, je crie même quand je suis très en colère ou très en joie ! Voilà, en fait, je suis une personne « très ». Contrairement à la crevette monochrome et peu contrariante, j’use d’une palette de couleurs et d’humeurs qui ravissent autant qu’elles peuvent agacer. Rarement, bien sûr !

Evidemment, la crevette peut paraître plus rassurante, d’humeur égale, limite ennuyeuse, elle n’affiche pas de réelle particularité ni aucune aspérité. D’ailleurs, quoi de plus semblable à une crevette qu’une autre crevette ?

Et puis ce qui fait de moi un canidé, c’est surtout que je suis sûre que la Louve mange volontiers des crevettes si on lui en propose alors que l’inverse me paraît… peu probable ! Non ?

Adieu la crevette, donc, et longue vie à la LOUVE, longue vie à moi ! Enfin…

FIN.

Crevettes roses aux milles épices (pour 4 personnes) :

800g de crevettes roses

Marinade :

2 C à S de vinaigre Balsamique

4 C à S. de Nuoc mam

4 C à S de sauce de soja

3 C à S de Razel Han out

3 C à S d’épices indiennes

3 C à S de cumin

1 C à S de cannelle

Couper les têtes des crevettes et les mettre à mariner 10mn

Puis les faire griller sur un gril, un barbecue ou au four

Déguster avec des légumes sautés

Régalez-vous !!!!

Lulu

Alors voilà…

ruth wilson

ruth wilson

Le mercredi 7 janvier 2015, j’ai pleuré, j’ai pesté, je me suis révoltée.

Le dimanche 11 janvier 2015, j’ai marché.

J’ai fusionné avec la foule, traumatisée, mais debout, pour revendiquer une liberté, égalité fraternité, retrouvées.

Depuis, j’ai lutté et résisté, en bravant la peur, et l’obscurantisme, à mon niveau de citoyenne lambda.

J’étais et je suis restée Charlie.

Les mois ont passé et je n’ai pas oublié.

j’ai vécu en femme libre, j’ai aimé et j’ai même retrouvé le sourire et le rire, heureuse d’habiter la ville lumière..

Le Vendredi 13 novembre 2015, j’ai tremblé. 

Je voudrais dire que, cette fois non plus la peur ne passera pas par moi, ce n’est pas vrai. Ce n’est plus vrai.

Alors, voilà, j’ai peur.

La violence, le sang, l’ignominie, la haine, à découvert, comme ça, à bout portant, ça me glace, ça me fige, et quelque part, ça me tue…

Je voudrais écrire, que non, rien ne m’arrêtera, que j’irai au resto, en terrasse, au cinéma, au théâtre, en concert, le coeur- comme le courage- en bandoulière, mais ce n’est pas vrai.

J’ai peur.

La vie est là. Je dois me nourrir, travailler, prendre les transports en commun, retrouver les miens, sortir mon chien…

La vie est là.

Je suis vivante.

Mais voilà, j’ai peur…

Lulu