« Tout sur mon chien » d’Alejandro Palomas, un hymne aux liens du cœur et un hommage tendre et beau, à nos « amis de compagnie ».

« Tout sur mon chien » d’Alejandro Palomas
Ed. ChercheMidi

Fer est assis à une table de café. Nerveux, il tripote son portable, désespérément muet. Fer est inquiet pour la vie de R., un être cher, très cher, davantage même qu’il ne le pensait. R. est entre la vie et la mort, et Fer attend. Seul.

Jusqu’à ce qu’il aperçoive Amalia, sa mère, entrer dans le café, avec ses sacs et sa chienne Shirley. Sa mère, trop chargée, qui fait un vol plané sur le carrelage. Fer, entre surprise et embarras, se précipite et installe sa mère, à sa table.

Il regarde sa mère, vieillissante, mal-voyante, mal tenante sur ses jambes fragiles, toujours trop chargée et imprudente, et il hésite entre s’agacer et s’attendrir. Comme toujours.

Et puis, qu’est-ce qu’elle fait là ? Ils se sont quittés, il y a à peine quelques heures, après un déjeuner familiale avec Emma et Silvia, ses deux sœurs. Alors, entrer dans ce café, ça n’a pas de sens. Et surtout, ce n’est pas le moment.

Il est arrivé quelque chose à R. et il ne veut pas lui dire. ni à elle, ni à personne. Mais peut-on encore mentir à sa mère, quand on est adulte ? Oui. Mais pas longtemps. Amalia en sait plus qu’il ne croit et elle ne compte pas le laisser seul, dans ce état. Et, ce sont ses sœurs qui arrivent en renfort, pour le soutenir dans cette épreuve.

La nuit va être longue. Pour Fernando, Amalia, Emma et Silvia, cette attente va ouvrir la voie des non-dits, des rancœurs, des peurs et des chagrins passés, toujours présents.

La nuit va être longue, douloureuse et salvatrice. Heureusement, les lumières de l’aube finissent toujours par se lever et avec elles, de nouveaux espoirs et avec eux, de nouvelles vies.

Ah j’oubliais ! R. est un chien, et comme tous les chiens, R. est un être unique, avec sa personnalité, son caractère, sa physionomie et son regard, propres. Et comme tous les chiens, R. est un membre de la famille, indispensable et irremplaçable, qu’on aime, qu’on rit, et qu’on pleure, comme un enfant, un frère, un ami, qui mérite le meilleur de nous, puisqu’il nous donne le meilleur de lui.

« Tout sur mon chien » d’Alejandro Palomas, est une histoire de famille enlevée, colorée, drôle et émouvante. Une histoire où les secrets qui serrent le cœur finissent par éclater, et, où, si l’on crie « Je te déteste ! », c’est souvent parce qu’on voudrait chuchoter « Je t’aime ».

Sans oublier, la plume magique d’Alejandro Palomas, qui évoque cet amour si particulier qui lie un chien et un humain. Un amour pure et vrai, qui ne souffre ni tiédeur, ni médiocrité. Et c’est à nous, humains, d’être à la hauteur.

« Tout sur mon chien » d’Alejandro Palomas, est un hymne aux liens du cœur et un hommage tendre et beau, à nos « amis de compagnie ».
« Tout sur mon chien » d’Alejandro Palomas, à lire et à aimer, sans modération, donc.

Lulu
“Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie.” Montesquieu 

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Schiappa VS Galilée, et pourtant, elle tourne !

Marlène Schiappa est un poème à elle toute seule.Maline plus qu’intelligente, elle manœuvre, minaude, ricane,  grogne, sourit, séduit… Ou pas.

Moi, c’est « Pas ». Féministe et humaniste active, Marlène me froisse, m’agace et m’irrite, à chacune de ses interventions.

Pourtant, je lui ai laissé, sa chance. A sa nomination, en tant que « secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes », j’étais curieuse de la connaître.

Alors, je l’ai googlée et je trouvai son parcours plutôt intéressant. Restait à la voir à l’action.

Evidemment, ça n’a pas tardé et évidemment, ça a vrillé, avec la coupe dans le budget, dédié notamment aux associations d’aide aux femmes violentées, violées, et/ou harcelées.  Déjà, « la cause nationale du quinquennat », à savoir « L’égalité femme-homme » perdait de sa splendeur. Et ça n’a fait que continuer…

 Non pas que j’attendais des miracles de la part du gouvernement Macron (je vous rappelle, d’ailleurs, M. le Président, que comme une grande majorité de citoyen-ne-s, j’ai voté contre Le Pen, et jamais pour vous. Mais je m’égare), mais force est de constater que, même avec sa loi Schiappa, la secrétaire d’Etat a merdé, et que c’est la cause des femmes qui a morflé.

Malheureusement, n’ayant pas lucidité ni l’intégrité d’un Nicolas Hulot, Marlène est restée. Et, toujours vers Macron, les yeux de fan enamourés, tournés, elle accepte toutes les missions poubelles, qui lui donnent, dans les médias, l’occasion de faire la belle.

Nouvelle mission, nouvel éclat, quand elle annonce la co-animation avec Cyril Hanouna (alors, déjà, on atteint les étoiles), d’une « spéciale » « Balance ton post », ce vendredi 25 janvier, consacrée au « grand débat national ».

Rien que ça, c’est déjà une énorme blague. Pas drôle du tout la blague, puisqu’on sait bien que derrière ce muppets-show, c’est une récupération crasse du gouvernement, qui se la joue démago-popu, en gardant le petit doigt levé, pendant que les ploucs en gilets-jaunes, s’épuisent à crier leur désespoir, et à croire qu’en remplissant un QCM, on les écoutera.

beab8-giphy2b2528172529Vaste mascarade donc, qui n’a pas manqué de faire rire ici et là, offusquant Marlène, qui déclara :« Ce n’est pas parce que la majorité des personnes pensent que c’est une mauvaise idée que ça l’est. Je vous rappelle que Galilée était tout seul face à la majorité pour dire que la Terre était ronde et qu’elle tournait. La majorité pensait qu’elle était plate et statique ».

Voilà, voilà… Donc là, moi, normalement, je pleure, soit de rire, soit de chagrin, devant autant de vanité, vénalité et vacuité…

Mais pour ne pas tout à fait m’effondrer, j’ai décidé de consulter le premier concerné, Galilée, de lui laisser le dernier mot, pour terminer.

“Je n’ai jamais rencontré d’homme (et de femme. NDT) si ignorant(-e) qu’il(-elle) n’eut quelque chose à m’apprendre.”

Galilée

Lulu
Souriez, vous êtes vivants !

Carnistes vs Végane, ou d’une certaine vilaine petite canarde

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En vue de la préparation du dîner de Noël, j’ai eu la mauvaise idée de parler du massacre des oies et canards, pour un pauvre foie gras dégueulasse, en début de repas familial… A la décharge – ou à la charge- de mes proches, je leur ai envoyé, hier soir, un mail avec un lien de L214, sur la « vraie » recette du foie gras.MixedTornBaboon-size_restricted

Je me suis fait littéralement agressée, par toute la tablée. Je ne pouvais même pas réagir tant le ton montait -entre eux- sans que je puisse placer un mot.
Donc, bien sûr les végans sont des extrémistes dangereux, comme les partis intégristes et comme les sectes (j’ai osé un « mais, enfin il ne s’agit pas d’une religion, ni d’un parti politique… » Personne n’a écouté.
Suite à un reportage diffusé sur M6, tendancieux et choquant à mort,-donc orienté anti-végan, je le sais, je l’ai vu ! – « ils » croient tous savoir, parce que forcément, si la télé et M6 avec ses documentaires low-cost, le disent, alors c’est vrai ! Effrayant non ?tumblr_nx71g6enok1ub6o1yo1_500

Imaginez si j’avais pu évoquer d’autres documentaires, plus complets et scientifiques, comme ceux diffusés sur Arte, comme on aurait pu élever le débat. Enfin, s’il y avait eu un débat.

D’ailleurs, ce soir, il y a un documentaire, sur Arte « La médecine, face aux supers pouvoirs des animaux« . et sur France inter, vous pouvez écouter « la psychologie des animaux »
Mais attention, si vous pensez que c’est une manipulation ptenorour vous endoctriner dans ma secte, FUYEZ !

Sans compter les arguments fumeux du genre : « C’est impossible de changer les mentalités« , et « On n’a pas à changer de culture ! ». Et puis, « Manger un chien ou manger un cochon, c’est différent puisque le cochon a été créé pour ça« , et encore « On ne met pas les animaux au niveau des humains, quand même ! » etc…
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Je n’ai pas pu aborder la question écologique, non plus. Je voulais notamment savoir s’ils avaient regardé « Demain » et « Après-Demain », les documentaires de Mélanie Laurent et Cyril Dion (que je trouve particulièrement brillant, d’ailleurs je suis en train de lire « Petit manuel de résistance contemporaine » Ed Actes Sud, que je vous recommande vivement).

coco Mais, à quoi bon ? On ne peut pas, juste en discuter, alors ? Quelle agressivité et quelle fermeture d’esprit… Je ne comprends pas.

Ce fut très douloureux pour moi. Envie de pleurer, avec un grand grand sentiment de solitude et, comment il dit déjà, Voulzy ? Ah oui, d’isolement…
Je me le tiens pour dit. Je n’aborderai plus ce sujet avec eux. Ils ne sont visiblement pas prêts !52ae774024a8647ae69a49b2b1f02f53

Quant à moi, peut-être devrais-je rejoindre un groupe écolo avec lequel partager mes quelques valeurs d’intégriste… Il est peut-être temps, oui.

En attendant, bonne soirée et bon appétit bien sûr !

Lulu 

 

« Les animaux ne sont pas comestibles » de Martin Page, d’un certain cri primal dans la nuit…

« Les animaux ne sont pas comestibles »
De Martin Page
Ed. Robert Laffont

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Depuis presque 3 ans, je suis presque Végane. Pourquoi « presque » ?

Parce qu’il m’arrive de boire un petit crème (avec du lait de vache) quand je suis de sortie. Parce que j’ai encore des vêtements et accessoires avec des bouts de laine ou du cuir, pas assez neufs pour les donner, ni assez usés pour les jeter, alors je préfère les porter jusqu’à la corde. Parce quand le froid est là, je renforce mes défenses immunitaires avec du miel et du pollen. Parce que j’achète de la viande animale pour mon chat et mon chien.

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Voilà pourquoi « presque ».

Maintenant, pourquoi suis-je devenue Végane ?

D’abord, pour des raisons de santé, j’ai dû retirer la viande rouge (sans mal, car je la goûtais peu), la viande blanche (avec grand mal, car je salive encore en passant devant un pauvre poulet juteux, tournoyant dans une rôtisserie) et le lait (premier échec quand une allergie au soja a stoppé net ma transition !). Je gardais dans mon assiette du poisson (daurade, Bar, sardines grillées et surtout, surtout, les succulents sushis et sashimis…), des œufs (omelettes forever) et donc, du lait écrémé et des yaourts nature.

6eeb4aebaf1db5c677de56637a17ba8f--bd-comics-marcelTout ça, avec un grand déni de la souffrance animale (alors que je suis la grande amoureuse des animaux), et du péril écologique, à l’époque. C’était il y a presque 15 ans. Et puis, je ne sais plus trop comment, l’animal mort dans mon assiette m’apparut de plus en plus évident. Plus seulement un morceau de quelque chose que j’aime, mais un être tué pour satisfaire mon appétit.
Je m’intéresse alors, au végétarisme, et franchement, si je me retrouve dans « l’idéologie », ça me parait déjà compliqué, à vivre au quotidien…

Pourtant, je décide d’arrêter de consommer du poisson et des œufs, avec quelques exceptions quand je suis invitée et qu’on me sert (encore) du poisson (oui, car pour une raison que j’ignore, le poisson, et surtout les coquillages et crustacés, ne sont pas considérés comme des animaux, par beaucoup d’omnivores), mais le lait, je m’y accroche encore. J’essaie quelques lait végétaux, mais je les trouve plutôt écœurants et très très très TROP chers (ils le sont toujours). Et à chaque fois que je replonge.vache

Jusqu’à L214, et ces images insupportables qui me font tomber de l’armoire. Même avec une connaissance basique des abattoirs, le choc est rude mais nécessaire. On ne tue pas sans armes, cris, et sang = ON NE TUE PAS PROPREMENT NI GENTIMENT ! Je le savais pourtant…
Ainsi, je m’intéresse ENFIN de plus près à la souffrance animale, aux exploitations laitières, au végétarisme et découvre, un peu nounouille, le véganisme.

Impossible de faire marche arrière, impossible de continuer à boire du lait, impossible de ne pas devenir Végane animaliste (ou anti-spéciste). Ce qui s’ajoute donc à féministe humaniste. Je le précise, parce que se rallier à la cause animale, n’annule en rien mon engagement auprès des souffrances humaines. D’ailleurs, maltraitance animale n’est jamais loin de la maltraitance humaine.

On y est. 30249e1e32418ae70312b26e2184c886

Depuis, j’enrichis mes connaissances en la matière. Livre, articles, documentaires, reportages… Et là, deuxième choc ! L’impact écologique catastrophique, de l’élevage intensif, la pêche intensive, et avec bien sûr, de toute autre production intensive. Et, en ces temps de changements climatiques catastrophiques, envisager le véganisme comme une alternative à court terme, n’est pas totalement idiot ni utopique. Pour ce qui est, bien sûr, des pays qui ont ce choix d’une alimentation non carnée. Il ne s’agit pas d’aller interdire la pêche ou la chasse, aux Inuits en leur imposant de mâcher du lichen, en suçant de la glace.

Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants d’un véganisme joyeux et éclairé, je vous encourage vivement, à vous plonger dans « Les animaux ne sont pas comestibles » de Martin Page.

33_recettes_de_repas_vegan_qu_on_adore_5190.jpeg_north_499x_whiteUn récit étonnant et attachant, où l’auteur se livre sur son parcours de vegan débutant jusqu’au niveau confirmé (!), avec honnêteté, humour et pédagogie.

Oui, c’est vrai, ce n’est pas évident de devenir un cuisinier du « 3e type », qui régale le plus affirmé des carnistes. Oui, il faut encore se retenir de mettre son poing dans la figure des crétins qui vous sortent : « Et, le cri de la carotte au fond de bois, ça t’émeut pas ! ». Oui, il faut être patient avec ceux qui s’offusquent de la cruauté dans les abattoirs, tout en s’envoyant un Big-Mac. Oui, il faut être compréhensif avec ceux qui confondent le véganisme avec un mouvement extrémiste… Oui… Ou non. On peut aussi s’énerver, des fois. Et ça fait du bien !

Et, on ne parle pas des expériences sur animaux, l’exploitation animale dans les cirques, les zoos et autres aquariums funéraires, la fourrure, l’exploitation commerciale d’animaux domestiques…

Choisir de devenir Vegan-e, c’est un choix de vie stimulant et édifiant, que Martin Page raconte, explique et transmets, avec une franchise rare, un enthousiasme joyeux et une émotion communicative.

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A lire pour réfléchir… Et, en ces temps d’alerte écologique et de COP24, si ça ne vaut pas un gilet jaune, ça vaut sans doute, un gilet de sauvetage.

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Pourquoi, je suis amoureuse d’Oldelaf…

Tout d’abord, ne pas confondre Olaf, de la reine des neiges, olaf.jpg
et Oldelaf, roi de la scène.

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Alors, qui est Oldelaf ?

Oldelaf est un auteur-compositeur-interprète, à la voix douce et troublante, qui monte assez haut dans les aigus, avec un décrochage à la Cloclo, à ne pas piquer des hannetons !

Rien que pour ça, je fonds. Mais ce n’est pas tout.

Oldelaf, c’est non seulement un chanteur hors pair, mais un humoriste d’une drôlerie aussi cruelle qu’enfantine, avec, bien sûr, bien sûr, une autodérision fracassante.

Rien que pour ça, je fonds. Mais ce n’est pas tout.

Oldelaf, c’est des textes drôles, certes, mais aussi tendres et émouvants, emportés par des mélodies aux orchestrations (ou arrangements, si vous préférez), d’une précision et délicatesse renversantes.  Ainsi, Oldelaf, prend-il parfois, un petit air de Bourvil… Je trouve… (Aaaah, le délicieux « Petit Oiseau »…)  oldelaf2017-310

Pour tout ça, évidemment, je fonds. Et plus encore. mais, la décence m’empêche d’aller plus loin. Je vous ai dit qu’il a des yeux bleus, à tomber ?…

Bref !

Frank Loriou Agence VU Talent, humour, intelligence et charme, c’est donc pour tout ça que je suis amoureuse d’Oldelaf !

Et avec sa bande de rigolos, qui l’accompagnent tout au long de ses albums et spectacles, Oldelaf est l’artiste à suivre et à applaudir, maintenant et à tout jamais.
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A découvrir, sous toutes leurs formes, tout de suite et sans attendre : La Tristitude, Le crépi, L’amour à l’hôtel Ibis, Le monde est beau, La peine de mort, Les mains froides, Je mange… 

Dernier album : Goliath
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MP à Oldelaf : 
Call me on the line
Call me call me any anytime
Call me in my life
You can call me any day or night
Call me

PS : Spéciale dédicace à LO : « ça y est, je l’ai fait ! S’il m’appelle, je t’appelle ! »

Le Péril jaune

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Quand j’entends « Gilets jaunes », j’entends, colère, hargne, violence, désespoir, hausse du prix de l’essence, taxe sur le gas-oil, trop de taxes, trop d’impôts, et trop, trop, trop, ras-le-bol de la hausse des prix, de la hausse du coût de la vie (vivre coûte-il trop cher ?), aide à la transition écologique, rien à foutre de l’écologie (non ! écologie et économie sont sœurs jumelles. En sauvant la première, on sauvera la deuxième), j’entends des cris, j’entends du bruit, j’entends, et parfois je me rallie, et parfois pas, alors, oui, j’entends et c’est assourdissant…

180px-Igualtat_de_sexes.svgPendant ce temps-là, samedi, quand les abris bus volaient sur les Champs, et que les gaz lacrymo faisaient pleurer les gilets, d’autres pas frappaient le pavé, d’autres mots étaient scandés, des cris et des larmes aussi, mais ça, c’est toutes l’année. Oui, samedi aussi, à Paris, on a marché, et c’est contre toutes les violences faites aux femmes qu’on s’est engagé. C’était du bruit aussi, mais organisé, bien rangé, la hargne et la violence, c’est aux prédateurs qu’elles sont laissées. Alors ?

Alors, le bruit des gilets jaunes l’a emporté.

C’est ça qui est bien avec les femmes, elles sont là, mais pas trop. Devant, la grosse voix et le poing levé, elles s’effacent, laissent passer, elles savent reconnaître la priorité.

STOP !

Qu’importe le message, seuls le vacarme insupportable, le bruit qui s’agite et le Buzz dégueulasse comptent, pour nos chers médias. On en est là. Navrante réalité.

Pourtant, l’égalité Femme-Homme, a été nommée GRANDE cause nationale par le Président Macron et sa Miss brushing Schiappa, féministe fantoche et fan du premier. Heu, et ça commence quand, exactement ?
Ce serait drôle, si ce n’était pas tragique.

Samedi-Dimanche-Lundi, 3 jours, pile ! Une femme est morte aujourd’hui, sous les coups de son (ex)compagnon…decombe-vivien_dollans-thomas

Si ça, ça ne vaut pas un gilet jaune, ça vaut bien un brassard noir, non ?

Féminisme, le combat continue.
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« La petite fille sur la banquise » d’Adélaïde Bon, d’une certaine glaciation de l’être…

La petite fille sur la banquise
Adélaïde Bon
Récit
Grasset

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 «  J’ai neuf ans. Un dimanche de mai, je rentre seule de la fête de l’école, un monsieur me suit. Un jour blanc.
Après, la confusion.
Année après année, avancer dans la nuit.

Quand on n’a pas les mots, on se tait, on s’enferme, on s’éteint, alors les mots, je les ai cherchés. Longtemps. Et de mots en mots, je me suis mise à écrire. Je suis partie du dimanche de mai et j’ai traversé mon passé, j’ai confronté les faits, et phrase après phrase, j’ai épuisé la violence à force de la nommer, de la délimiter, de la donner à voir et à comprendre.

Page après page, je suis revenue à la vie.  »

 Attention coup de cœur, coup de poing !

Le corps d’une  fillette, outragé, par le corps intrus, d’un pervers récidiviste.

Là, où il est entré, elle se ferme. Pour longtemps. Trop longtemps.

Adélaïde se tait quand tout son corps hurle à la mort. La mort et ses milles visages.

Pourtant, elle se bat Adélaïde, elle se dé bat, même, pour rattraper la vie. Mais la vie s’échappe, glisse, et la laisse KO. La voilà seule, encore,  avec son corps verrouillé, que rien ne pénètre. Même pas les pluies de larmes de son cœur.

Adélaïde est muette et aveugle. C’est dans le noir, qu’elle tâtonne, se cogne, tombe, se relève, et se perd. Le noir de sa mémoire. Une nuit froide, glacée et glaçante, qu’un jour enfin, un faible rayon de lumière éclairera.

Enfin, les mots supplanteront les maux. Enfin, la justice. Enfin, un frémissement de la joie simple d’être en vie.

Suivre Adélaïde dans son parcours de combattante, de petite fille à femme adulte, est éprouvant, dérangeant, révoltant. Mais absolument nécessaire.

A lire, donc.

Téri Trisolini